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Contemporary African Art Collection by Jean Pigozzi

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Afrique, les origines et nos jours - Libération
Liberation
August 30, 2005

Afrique, Les Origines Et Nos Jours

Par Henri-François Debailleux

Art. A Monaco, confrontation riche et originale entre des oeuvres primitives africaines et celles d'artistes contemporains vivant et travaillant sur le continent.

(envoyé spécial à Monaco)

On est à Monaco et les expositions aussi se font dans un certain luxe, surtout celles du Grimaldi Forum. On s'en était rendu compte il y a deux ans avec Super Warhol. C'est à nouveau le cas avec Arts of Africa, des arts traditionnels à la collection contemporaine de Jean Pigozzi. Les chiffres en témoignent d'ailleurs, puisque ce sont 7 000 ans d'histoire de l'art en Afrique, de l'Antiquité à nos jours, qui sont retracés sur 4 000 m2 avec plus de 500 oeuvres (dont 250 pour le volet primitif) et deux énormes livres-catalogues de plusieurs kilos chacun. Pour continuer dans le standing, le commissariat de la partie consacrée aux arts premiers a été confié à Ezio Bassani, éminent spécialiste des arts africains, qui a notamment réalisé en 2004, à Turin, la grande exposition Afrique, chefs-d'oeuvre d'un continent, considérée comme l'une des plus vastes jamais réalisée sur le plan mondial.

Labyrinthe. Quant aux oeuvres de la partie contemporaine, elles viennent toutes de la collection de Jean Pigozzi - né en 1952, play-boy international, fils du fondateur de la marque d'automobile Simca. Une collection de plus de 8 000 oeuvres, la plus importante au monde entièrement consacrée aux artistes vivant et travaillant en Afrique noire, et que son propriétaire envisage d'installer à Paris. La sélection a été confiée à André Magnin, le directeur artistique et conservateur de cette Contemporary African Art Collection qui fut l'un des commissaires adjoints des Magiciens de la terre, présentée au centre Pompidou en 1989. Enfin, l'architecture du forum Grimaldi étant assez horrible, appel est souvent fait à des personnalités extérieures pour concevoir les scénographies. La designer Matali Crasset avait ainsi réalisé celle de Warhol. C'est cette fois l'Italien Ettore Sottsass qui s'en est chargé. Il a très joliment conçu l'ensemble, selon la figure d'un labyrinthe carré pour l'art contemporain, inscrit dans un parcours circulaire pour les arts premiers.

Bronze fondu et ivoires anciens. La balade commence par ces derniers et enfile comme des perles les chefs-d'oeuvre, certains très connus, des peuples Dogon du Mali, Fang et Kwele du Gabon, Dan de Côte-d'Ivoire, Bamileke du Cameroun, Luba et Hemba de la République démocratique du Congo... Appartenant à de grandes collections publiques ou privées (British Museum, musée de Tervuren, musée du Quai Branly, musée Dapper...), ils ont pour quelques-uns déjà fait la couverture de livres ou catalogues. Et d'autres beaucoup plus rares, à l'exemple d'un ensemble de terres cuites du peuple Nok au Nigeria (en provenance pour la plupart du National Museum de Lagos), de bronzes Igbo Ukwu (sud-est du Nigeria) datés des IXe et Xe siècles et qui correspondent à la plus ancienne pratique de l'art du bronze fondu en Afrique subsaharienne, des sculptures en pierre Sapi de Sierra Leone, etc. Une section spéciale est consacrée aux ivoires anciens, les uns avec tête de crocodile, les autres en forme de cors, de boîtes à couvercle, de bracelets. La délicatesse avec laquelle ils ont été travaillés, le raffinement des bronzes, les rapprochements formels aux cultures asiatiques ou européennes, ainsi que les formidables solutions plastiques trouvées par leurs auteurs, tordent radicalement le cou à cette fausse idée selon laquelle l'art africain ne serait que des bouts de bois stylisés. Et il est clair qu'on ne reverra pas de sitôt un ensemble d'une telle qualité. Il se termine par quelques oeuvres de Picasso, Matisse, Derain, Nolde... pour montrer comment les artistes de la fin du XIXe et du début XXe ont introduit ces références dans leur travail.

Diversité des techniques. Tel un sas, cette petite section se veut une introduction assez maladroite à la seconde partie de l'exposition, entièrement consacrée à l'art contemporain. Il ne s'agit évidemment que d'une sélection, composée toutefois de près de 300 oeuvres de trente artistes. De Frédéric Bruly Bouabré à Chéri Samba, en passant par Seydou Keita, Barthélemy Togo, Pascale Marthine Tayou, Romuald Hazoumé, Malik Sidibé... On retrouve tous les noms de ceux qui sont régulièrement présentés sur la scène artistique et qui étaient d'ailleurs pour certains montrés dans la récente exposition Africa Remix du Centre Pompidou.

Moins spectaculaire que cette dernière - dans un esprit moins biennale internationale -, le parcours donne un bel aperçu de cette création africaine et de la diversité des techniques utilisées - peinture, dessin, photo, vidéo, sculpture, installation... Avec autant d'alvéoles aux murs de différentes couleurs (vert, rose, bleu...) que d'artistes, le dédale du parcours est très varié et de qualité forcément inégale. C'est la loi du genre, et ce d'autant plus que la collection Pigozzi se veut un éventail large de cette création contemporaine africaine, dont on saisit bien les enjeux, la pluralité et l'indéniable dynamisme.

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