Art: à Bruxelles, Sindika Dokolo propose un autre regard sur l’Afrique - RFI
Par Sabine Cessou


Kendell Geers, le co-commissaire de l'exposition «IncarNations» à Bozar, devant une oeuvre du Nigérian Yinka Shonibare.
© RFI/Sabine Cessou


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Murs vides et oeuvres au centre

Aucune oeuvre n’est donc accrochée aux murs, recouverts d’un papier peint agressif à motifs géométriques qui suggèrent l’Afrique. En trompe-l’oeil, on peut y lire les mots « Lie » (mensonge en anglais) et « Believe » (croire). Les oeuvres sont condensées au centre des salles et fixées sur des structures métalliques qui rappellent ces grillages omniprésents en Afrique du Sud. Leur agencement est d’ordre politique : il commence avec des oeuvres traitant de l’apartheid, répondant à des photographies de Stephen Shames du mouvement des Black Panthers aux États-Unis. Les pièces d’art ancien sont disséminées au fil de l’exposition, répondant aux créations contemporaines.

« La scénographie vise à casser les idées reçues sur nous-mêmes, Africains, et à tendre des miroirs pour apprendre à se regarder et se célébrer, explique Sindika Dokolo. Il s’agit d’en finir avec le mensonge, ces idées fausses qui marquent tout ce que nous savons ou croyons savoir sur nous-mêmes. Aussi ai-je évoqué un existentialisme africain à l’ouverture de l’exposition. Un thème central à mon sens, dans la mesure où les Africains se définissent d’abord et avant tout par les choix et les actes qu’ils posent. Les Afrodescendants, dans leur immense majorité, pensent que leur histoire a commencé le jour où le Blanc a posé son regard sur un Noir. Le résultat s’apparente à une castration absolue, qui va à l’encontre de toute idée de développement et d’épanouissement. »

Sortir des visions binaires n’est pas un pari tout à fait gagné. Lors [...]

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