La joie radieuse du peintre congolais JP Mika - RFI
Par Siegfried Forster


L’artiste congolais JP Mika devant son tableau intitulé «Sentiments confidentiels», à l'exposition «Bisengo».
© Siegfried Forster / RFI


« Bisengo », la joie. C’est le mot clé de l’autoproclamé « peintre universel » JP Mika. Avec ses tableaux flamboyants, l’artiste congolais de Kinshasa avait déclenché l’enthousiasme du public lors de la grande exposition « Beauté Congo » en 2015. Aujourd’hui, à 39 ans, il présente à partir du samedi 7 septembre sa première exposition personnelle hors Afrique, à la galerie Magnin-A, à Paris.

Ses tableaux ? De la taille d’un homme, montrant souvent des femmes épanouies. Avec des personnages ciselés sur des fonds de tissus imprimés fleuris ou animaliers. Sa palette de couleurs sans limite avec des tonalités étincelantes nous renvoie vers une beauté resplendissante.

« Mes œuvres, je les fais pour tout le monde, affirme-t-il d’emblée, après avoir mis sa veste fleurie créée pour l’occasion. Pour cela, je suis un artiste et peintre universel. » Quand JP Mika se présente, on trouve sur son visage le même sourire que sur ses œuvres : un grand sourire franc, affirmé, presque béat. « J’ai cette particularité et je dis toujours que Dieu m’a donné cela : la joie. Il se trouve que j’ai une lumière en moi, et j’aime bien partager cela avec tout le monde. Se retrouver avec cette joie, qu’on nomme chez nous "bisengo", ce n’est pas donné à tout le monde. Pour cela, dans mes œuvres, je me représente moi-même. »


« La Générosité », œuvre de l’artiste congolais JP Mika dans l’exposition « Bisengo » à la galerie Magnin-A, Paris.
© Siegfried Forster / RFI


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La rencontre avec Chérie Chérin et Chéri Samba

Grâce à ses nombreuses publicités, un jour, dans un taxi, il rencontre par hasard Chérie Chérin, le père de la peinture « populaire » congolaise. « Il connaissait mes œuvres et il m’a dit : "Tu fais bien les couleurs. Maintenant, il faut commencer à faire des tableaux. Viens chez moi…" Grâce à Chéri Chérin, j’ai appris comment on compose un tableau. »

À travers son maître, il rencontre l’autre star de la peinture congolaise, Chéri Samba. « Je portais un collier que je porte toujours, avec un pendentif orné de mon portrait. Et j’ai fait un autre pour Chéri Chérin avec son portrait. Quand Chéri Samba l’a vu, il voulait savoir qui l’a fait et m’a invité. Chez lui, j’ai appris comment bien détailler les choses, comment faire les choses proprement. Chez Chéri Chérin, j’ai appris à composer l’idée, à composer le tableau. »

Les professeurs et la joie

Très vite, il entre aussi à l’École des Beaux-Arts à Kinshasa. Mais la promesse se transforme rapidement en désastre, raconte André Magnin : « On est en 2006 [...]

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